On espérait un gros niveau de jeu, des buts, de multiples occasions. Finalement rien de cela, mais quelle intensité, quelle tension ! Un grand match, c'est aussi ça. Analyse et explications.
La "Roja" l'a fait ! Après l'Euro 2008, elle remporte la Coupe du Monde, alors avant tout, il convient de lui dire "BRAVO !". Rester au top pendant plus de deux ans en gagnant deux grandes compétitions, et éviter donc tout faux-pas interdit à partir des matchs à élimination, est la preuve d'une vraie maturité.
Alors quand en plus, cette équipe sait faire rêver chaque amateur de beau jeu, que faire d'autre à part féliciter les espagnols ?
Passons maintenant à une courte analyse de la rencontre.
On a sent dès le début de match de la tension, beaucoup de tension même avec de multiples fautes, notamment côté néerlandais. L'arbitre n'a pas su calmer les esprits en ayant le courage d'expulser Van Bommel et surtout De Jong pour une agression sur Xabi Alonso à la 28ème minute. Peut-être n'a t-il pas vu, mais peu importe. A part deux belles occasions de Ramos dans le premier quart d'heure, on assiste donc davantage à un gros duel physique entre les deux équipes qu'à du beau foot.
Au début de la seconde période, l'Espagne est proche d'ouvrir le score par Capdevilla pendant que les Pays-Bas continuent leur festival de cartons jaunes. Sauf qu'à l'heure de jeu, Robben, après une jolie passe de Sneijder, se présente seul face à Casillas. Parti du mauvais côté, le portier espagnol parvient tout de même à laisser traîner son pied pour sortir le ballon. Robben avait presque parfaitement joué le coup. Presque seulement. Il ne se remettra d'ailleurs pas de ce raté jusqu'à la fin. Si le match reste équilibré jusqu'à la fin du temps règlementaire, ce sont malgré tout les latins qui se montrent les plus dangereux.
En prolongations, la physionomie est la même, sauf que les espagnols commencent à dominer assez largement dans le jeu. D'ailleurs, un batave est enfin expulsé, Heitinga en l'occurence, à la 109ème. Déjà empruntés à onze, les néerlandais ne vont pas tenir à un de moins jusqu'à la fin. A cinq minutes des TAB, Iniesta délivre tout un pays après une bonne passe de Fabregas. Notons d'ailleurs que l'entrée (à la place de X. Alonso) de ce dernier fut décisive dans le succès espagnol, et par conséquent, que contrairement à ce que disent certains, Del Bosque prône avant tout le beau jeu dans son équipe.
Bref, les espagnols auront concrétisé leur domination au dernier moment, mais l'émotion n'en fut que plus intense. Pour preuve, cette belle image d'Iker Casillas fondant en larmes peu après le but d'Iniesta. Mauvais cette saison avec le Réal, et moyen en début de Mondial, il a su prouver, hier et en demi-finale, qu'il restait l'un des meilleurs au monde. Avant de continuer sa classieuse performance en zone mixte, embrassant sa compagne journaliste pendant son interview...
Pour conclure, on peut globalement dire que ce Mondial fut plus défensif que nous le souhaitions. Mais bon, notamment à partir des huitièmes, on a vu de très bonnes rencontres. La finale d'hier fut d'ailleurs grande, car à défaut de voir de multiples buts, la pression était forte, la partie fut rugueuse et surtout, les deux équipes ont montré une qualité défensive impressionante. Et puis, en fin de compte, c'est le football qui a gagné avec cette victoire de l'Espagne, alors n'oublions pas que les mentalités évoluent de plus en plus vers une logique de jeu. Ce sport change dans le bon sens...pour notre plus grand plaisir !
A très bientôt, et d'ici là, portez "vuvu" bien !
Baptiste
